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Pour l’abolition de la note scolaire
Slogan du site

Pan à la note ! Panote ...

- Pourquoi les professeurs mettent-ils des notes à leurs élèves ?

- Pourquoi, alors qu’aucun texte légal ne leur en fait une obligation, qu’ils ne risquent donc pas de sanctions pécuniaires s’ils s’en défont ?

- Pourquoi, alors que la note ne fait pas apprendre et qu’elle fait perdre du temps ?

- Pourquoi, alors que les parents ne peuvent rien faire avec le verdict (… votre fille a 5 – ou elle a 15 - sur 20 en chimie) puisqu’ils ignorent comment le professeur est passé d’une analyse multidimensionnelle de la prestation à une note unidimensionnelle ?

- Pourquoi, alors qu’en outre, les parents ignorent comment le professeur a fait apprendre en amont, ou le professeur a appris à noter, ce qui l’anime ? Quels paramètres relationnels entrent en jeu dans ce jeu unilatéral ?

- Pourquoi noter, enfin, alors que professeurs et parents ignorent les ressorts psychiques de l’élève soumis au questionnement ?

Charles Pepinster

Aujourd’hui : 100.000 sacrifiés
Article mis en ligne le 13 février 2010
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Le jeudi 4 février 2010, la première page du journal Vers l’Avenir titrait : « 100.000 sacrifiés chaque année ». On aurait pu croire Í un titre accrocheur annonçant un papier lucide au sujet de l’horreur haͯtienne. On aurait pu croire Í un titre accrocheur annonçant un papier non moins lucide au sujet des personnes licenciées de leur emploi au nom du rendement.
Non. Il s’agissait d’un papier sur ces élèves que l’on fait doubler, que l’on renvoie ou abandonne.

100.000 par an ! 2000 fois les élèves de la Maison des Enfants ! Cela chaque année !
C’est interpellant, mais Í bien y réfléchir, la catastrophe était aussi annoncée, d’autant qu’elle se répète d’année en année ; Í bien y réfléchir, le sacrifice se fait aussi sur l’autel du rendement ; rendement scolaire qui, Í mon sens, n’a pas droit de cité au sein d’une zone neutre. Je pense en effet qu’il faut organiser une zone neutre, pour accueillir, faire grandir, rendre plus intelligent. Zone qui permette de se hÍ¢ter avec lenteur (festina lente), qui permette d’apprendre en se plantant (c’est comme cela que l’on construit ses racines), qui permette de monter aux arbres dans le talus ou au bois (c’est comme cela que l’on peut trouver sa branche), bref, qui permette Í des enfants de vivre et d’apprendre ensemble sans la peur de l’exclusion ou de la blessure.

En revanche, je ne crois pas que le sacrifice de 100.000 enfants augmente de quelque façon le bonheur général d’une société. Je crois plutÍ´t que ces « sacrifiés » ont droit de cité dans cette zone neutre. VoilÍ pourquoi nous voulons que des enfants qui ont vécu cette situation parfois tragique puissent en cÍ´toyer d’autres qui ont échappé Í cette catastrophe. VoilÍ aussi pourquoi nous tentons de supprimer toutes les formes de compétition scolaire entre enfants, dans les limites que certaines lois imposent Í notre grand dam. J’ajouterai que ce brassage d’enfants ne fait que correspondre aux réalités de la vie avec toutefois une qualité supplémentaire : la rencontre de l’autre y est organisée et souhaitée. Et puis, n’oublions pas, le futur ministre de l’enseignement se trouve aujourd’hui dans une classe… S’il est aujourd’hui Í la Maison des Enfants, je préfère qu’il se souvienne d’une école o͹ l’on se serrait les coudes plutÍ´t que d’une o͹ l’on jouait des coudes.
A méditer.

Jean-François Manil

- Membre du Groupe Belge d’Éducation Nouvelle (GBEN)
- Co-auteur, avec Léonard Guillaume, de La rage de faire apprendre