Bandeau
Pour l’abolition de la note scolaire
Slogan du site

Pan à la note ! Panote ...

- Pourquoi les professeurs mettent-ils des notes à leurs élèves ?

- Pourquoi, alors qu’aucun texte légal ne leur en fait une obligation, qu’ils ne risquent donc pas de sanctions pécuniaires s’ils s’en défont ?

- Pourquoi, alors que la note ne fait pas apprendre et qu’elle fait perdre du temps ?

- Pourquoi, alors que les parents ne peuvent rien faire avec le verdict (… votre fille a 5 – ou elle a 15 - sur 20 en chimie) puisqu’ils ignorent comment le professeur est passé d’une analyse multidimensionnelle de la prestation à une note unidimensionnelle ?

- Pourquoi, alors qu’en outre, les parents ignorent comment le professeur a fait apprendre en amont, ou le professeur a appris à noter, ce qui l’anime ? Quels paramètres relationnels entrent en jeu dans ce jeu unilatéral ?

- Pourquoi noter, enfin, alors que professeurs et parents ignorent les ressorts psychiques de l’élève soumis au questionnement ?

Charles Pepinster

30 contre-valeurs induites par les examens traditionnels
Article mis en ligne le 13 août 2008
dernière modification le 13 février 2010
logo imprimer

La surcharge de l’esprit par le système des notes entrave la recherche et la transforme nécessairement en superficialité et absence de culture.
Albert EINSTEIN

Le portfolio ou le dossier d’apprentissage dans lequel sont consignés les travaux importants de l’enfant, est considéré comme un outil plus adéquat que le relevé de notes pour évaluer le processus d’apprentissage.
Rolland VIAU (Université de Sherbrooke. Québec)

Les nombres servent Í mesurer. Quand on ne sait pas ce que l’on mesure, on s’abstient d’utiliser les nombres.
Albert JACQUARD

Le mesurage de l’humain détourne l’école de sa mission.” J’ai proposé une démarche sur l’axe paradigmatique de chaque mot de cette phrase lors d’un colloque Í Louvain-la-Neuve intitulé : “L’école malade de la mesure” . Jacques Vonèche y intervenait, c’était le successeur de Jean Piaget Í l’Université de Genève...

Mon propos d’aujourd’hui amplifie cette assertion. Ainsi, la mission de l’école est bien, officiellement, de faire apprendre. Or elle utilise 30 jours par an (au moins) pour sélectionner (examens, puis détente, bulletins, conseils de classe, palmarès, distributions de prix, proclamation). Un calcul simple : 6 x 30 jours = une année scolaire sans apprentissage, soit un an d’école primaire. Une autre année perdue pour les apprentissages scolaires dans le secondaire… au minimum.
Ainsi en Belgique, du 12 au 30 juin plus d’école secondaire. “Les profs corrigent, discutent…” RelÍ¢che Í Noël, PÍ¢ques… et interros Í tour de bras, tout au long de l’année. Au lieu de faire apprendre, nom d’un chien !

Remarques

- Pas mal d’élèves font leur cursus de 12 années (primaire - secondaire) en 13, voire 14 ans. Si donc on faisait apprendre avec saveur, sans le chantage des points et la perte de temps y attachée on verrait tous les élèves vivre 14 années en 12 ans. Donc finis les redoublements !
- Une année scolaire coÍ »te une fortune au trésor public ? Faut-il consacrer cet argent Í sélectionner plutÍ´t qu’Í faire apprendre ? Est-ce que le contribuable est conscient du coÍ »t des bulletins, notes, etc. ?
- Ces deux années sur 12 passées Í sélectionner causent des ravages psychologiques considérables : jeunes en mésestime de soi (ou en surestime, est-ce mieux ?) parents blessés dans leur image narcissique, fatalisme, tricherie, spéculation, marchandisation, agressivité, violence, suicide…
- Dans un état capitaliste, l’école n’est pas faite surtout pour faire apprendre mais davantage pour sélectionner, donc exclure. Les faits le montrent bien. Comme le souligne Philippe Meirieu : “Le patron de l’Éducation Nationale ce n’est pas le Ministre de l’Éducation, c’est Gauss.

Des contre-valeurs Í profusion

Quand le professeur (ou groupe de professeurs) choisit ses questions et ses critères de correction, attribue une note ... et o͹ l’apprenant est seul et soumis, des contre-valeurs ne manquent pas de surgir ... De leur cÍ´té, les examens externes ne font qu’entraÍ®ner le bachotage et renforcent le système des examens habituels.

1. Marchandisation : on paie avec des points, des appréciations.
2. Spéculation : on apprend Í miser (étudier) lÍ o͹ cela rapporte…
3. Tricherie des élèves : manœuvres pour éviter les désagréments, augmenter les « chances »…
4. Faiblesse de profs : qui manipulent les points, les conditions de passation…
5. Chantage : « si tu … alors… »
6. Stress : renforcé souvent par les familles elles-mêmes stressées.
7. Lucre (simonie …) : le savoir est vendu, acheté (avec une fausse monnaie).
8. Punition – Récompenses : on règle les comptes.
9. Estime de soi : on touche Í l’image narcissique des élèves et de leurs parents.
10. Fatalisme : certains se croient doués en …, pas doués en…
11. Étiquetage : les réputations suivent.
12. Comparaison : classement parfois symbolique de chaque élève vis-Í -vis de ses pairs.
13. Compétition : l’école apprend ce qui détruit la société.
14. Soumission : facteur essentiel de la reproduction sociale.
15. Individualisme : chacun pour soi dès que cela devient grave.
16. Schizophrénie : dédoublement, on apprend pour les examens et non pour la saveur des contenus.
17. Risque roulette russe : certains élèves étudient 5 chapitres sur 6
18. Perte de temps : une année (180 jours) perdue sur 6 ans. A 18 ans, chaque élève est resté l’équivalent de deux années Í l’école sans apprendre
19. Incivisme des profs : ils cessent de faire apprendre, mettent les élèves en « vacance ».
20. Racisme social : déclassement des plus fragiles.
21. Délation : on dénonce les enfants Í leurs parents camouflant ainsi les responsabilités de l’école.
22. Unidimensionnalité : on ramène Í un verdict une personnalité complexe.
23. Loterie : on interroge partiellement sur une matière vaste.
24. Inégalité : certains élèves ont compris dès l’enfance qu’il fallait piloter son effort sur le profil du professeur.
25. Inutilité : on ne fait rien des feuilles d’examens. Poubelle.
26. Sélection : au gré des examinateurs, la sévérité ou l’indulgence.
27. Non-assistance Í personne en danger : interdit d’aider, aider = tricher.
28. Déni de justice : on retranche des points pour le comportement.
29. Empirisme : aucun professeur n’a appris Í interroger, corriger, noter…
30. Autoritarisme : l’auteur des questions se pose en haut de la hiérarchie.


Au lieu des examens ordinaires :

- A la disposition des parents, l’ensemble des démarches et projets.
- Chaque élève présente un travail complexe (projet) o͹ il prouve l’intégration des matières (chef-d’œuvre pédagogique).
- Des interros résolues seuls puis en groupes avec variations jusqu’Í la réussite de tous.
- Des coups de sonde du professeur pour son édification personnelle, pour piloter son action. Tout ceci sans bulletin, sans points, sans classement - déclassement, sans dénonciation aux parents.
- Une transformation des examens, par exemple par une auto–socio-évaluation proposée par le professeur Philippe Eenens Í l’Université.

Charles Pepinster

- Instigateur du GBEN (Groupe Belge d’Éducation Nouvelle - 1983)
- Fondateur de la Maison des Enfants, Í Buzet (Floreffe, Belgique)
- Ancien inspecteur cantonal